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  • Woa, les bettes cardes vapeur aux crevettes grillées, trop bon.

    Avec ce petit Épineuil de chez Fournillon, mmm...

    Comme dit Mme VJ, fine cuisinière et humoriste : Aujourd'hui, Lucky Luke dîne chez Lucky Luke !


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  • Comme tous les ans, Mme VJ me fait part de la défection de ses élèves en fin de saison.

    Parmi ses nombreuses activités, elle enseigne depuis plus de vingt ans le Qi gong : le véritable, dit-elle, tant il apparaît de contrefaçons du genre gym pour 3ème âge.

    Si bien que le mot même de Qi gong lui semble inapproprié. Pour elle, le Qi gong, c'est simplement l'art de vivre en harmonie avec l'Univers immanent et transcendant, poussé, ou réduit à l'essence la plus pure.

    Rien de plus, rien de moins.

    Bref, en croquant cette délicieuse petite salade, elle me dit que, comme d'habitude, aux beaux jours, les gens ne viennent plus.

    C'est partout pareil, ajoute-t-elle, peut-être pour se rassurer.

    Non, m'insurgé-je, non, ma chérie. Je viens, moi, à tous tes cours d'éducation sexuelle, que ce soit l'hiver ou l'été, je n'en manque jamais aucun.  

    C'est vrai, est-elle obligée de me concéder.

    Je suis un bon élève.

    D'autant que la matière m'intéresse particulièrement. 


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  • A Jean-Pierre :

    Merde, j'ai pourtant fait de mon mieux (4ème accord), mais me suis viandé sur le 3ème (ne fais pas de suppositions): je déjeunais vite fait dans un restau de campagne suffisamment réputé et donc assez fréquenté pour qu'on me mette à une table où mangeait déjà un autre mec. Plus exactement, à la table voisine, en diagonale.

    Lui fis, avant d'aller pisser, un salut de la tête auquel il répondit d'un geste de la main en manière de bienvenue.

    La cinquantaine, et, selon mes critères, l'allure d'un homo, comme ils disent, et d'un anglais ou d'un hollandais.

    Mangeons à un plat de distance, puisqu'il était là avant moi, sans causer. Lui regarde l'écran de télé qui se trouve dans mon dos, et moi j'observe, comme d'habitude, en petit Balzac, le décor, les hominidés, et ce qui se passe.

    Quand il arrive au fromage, le serveur lui dit très clairement et en face : Fromage ? Sec, ou blanc ?  

    Manifestement, mon voisin de presqu'en face ne comprend pas.

    Polyglotte et charitable, je traduis : Dry cheese, or white cheese ?

    Là, le serveur se retourne vers moi : "Il est complètement sourd!"

    Mon voisin est un habitué.

    Le 3ème accord dit clairement : ne fais pas de supposition.

    Peut-être que ce gars là est homo et étranger, peut-être. Peut-être que cette supposition, juste ou fausse, est sans importance.

    Mais tu étais vraiment en pleine supposition, mon chéri. En plein délire.

    Tu aurais pu parler n'importe quelle langue, sauf le langage des signes, ça ne l'aurait pas aidé.

    Putain de sourds.

     

     


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  • Un peu de décence serait bienvenue.

    Nous existons, paraît-il, sous le régime de la démocratie.

    Je n'ai personnellement pas la moindre compréhension de ce mot, vues toutes les façons dont on le tord, si ce n'est qu'il semble signifier que le droit appartient au plus grand nombre.

    Si c'est bien le cas, il semble que le parti politique qualifié d'"extrême-droite" conduit par Marine Le Pen a obtenu, et de loin, le plus gros score aux dernières élections démocratiques.

    Alors, si nous sommes réellement en "démocratie", comment le pouvoir, censé être le garant de la dite "démocratie", peut-il admettre, tolérer des manifestations contre l'expression de cette majorité ?

    Y a-t-il des gens plus qualifiés que les autres, plus intelligents, meilleurs, pour  qu'ils aient le droit d'imposer à la majorité leur propre vision du monde ?

    Si c'est le cas, décidément, nous ne sommes pas sous un régime démocratique, dans lequel le petit nombre s'incline sous la volonté du grand nombre, mais sous un régime autocratique qui se sert ou suscite des contrefeux, voire des milices contre ce qui le met en question.

     


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  • Il y a quelque jours, j'ai descendu de la chambre vide de ma fille Marie un tambour africain qui s'y trouvait, oublié.

    Depuis, je l'avoue, il m'arrive de le rouer de coups.

    Faut vous dire que dans ma jeunesse, j'étais un peu l'homme orchestre : guitareux, chanteux, harmonicaliste, fluteux à l'occasion, pianiste même, quoique médiocre faute d'études suffisantes, et surtout surtout, instinctivement : percussionneux.

    J'adorais taper sur tout ce qui résonne. L'homme raisonnant facilement mais résonnant aussi, il m'arrivait de me taper dessus.

    Taper sur les autres provoquant des sonorités incontrôlables et variables selon les zindividus, j'y ai rapidement renoncé, et j'ai généralement fui la compagnie de ceux qui auraient souhaité me prendre comme instrument. 

    L'auto-percussion est spectaculaire, à poil, ou même vêtu, en fonction de ce qu'on a dans les poches, en particulier la menue monnaie.

    Les diverses sonorités obtenues par la percussion, paume ouverte ou fermée, des diverses parties du corps, des joues aux mollets font en tout cas bien rire ma petite-fille.

    Avant que je ne descende ce tambour africain à portée de mes envahissantes paluches, mon instrument de prédilection, lors des fêtes bien arrosées, c'était un buffet Louis Philippe à deux tiroirs chargés de couverts qui a un son absolument indescriptible, réglable en fonction du tirage des tiroirs,  et une vaste surface de frappe.

    L'extase, bref, mais quasi intransportable.

    Le tambour africain, lui, a une poignée, et tient entre mes cuisses.

    Après une semaine passée à le rouer de coups, sur toutes sortes de musiques venues du lecteur de CD, ce matin que je lui administrai une nouvelle volée, Mme VJ passant par là, déclara :

    "J'adooore quand tu joues du tambour".

    Texte évidemment propre à susciter une nouvelle érection de l'ego, si ce n'est plus. 

    Mais surgit alors une toute petite voix :

    "Et l'association Tambours battus, t'en as entendu causer ?"

    Un peu abasourdi, je dis :

    "Quoi ?

    - Ouais, les Tambours battus. Imagine qu'on en a un peu marre, nous, les peaux, les jeunes peaux, les vieilles peaux, de se faire frapper la couenne juste pour vous exciter, les zumains.

    - Ok, j'admets que si vous n'y trouvez pas de plaisir, ça doit être un peu raide."

    Puis réfléchissant un peu, j'ajoutai :

    " Comment vas-tu faire pour ta faire entendre ? Je te vois mal pianoter sur le Net ou appeler ta fameuse association", dis-je en éclatant de rire.

    "Et le téléphone arabe, ça te dit quelque chose ?"


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  • BZZZ...

     


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  • Un truc de mecs, aucun doute.

    Mais c'est beau :

     


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  • Sorti le 15 mars 2010

    Tous les repas sont une communion

    Le repas de communion par excellence dans la tradition chrétienne, c’est bien sûr celui du Jeudi Saint, dans lequel le Christ a offert à ses disciples de manger sa chair et boire son sang.

    Ce curieux cannibalisme pourrait receler de nombreuses significations, dont bien sûr celle de l’Eucharistie, symbole de partage.

    Il me semble important de rappeler une interprétation très particulière de cette offre du Christ, celle de l’orientaliste John Allegro qui en 1970, dans « Le Champignon sacré et la Croix » affirmait que le Christ n’était autre qu’un champignon psychoactif, et la Cène un rituel de manducation. 

    Aussi bizarre que paraisse cette thèse, elle est corroborée par le psychiatre américain Andrija Puharich qui en retrouve trace dans des textes égyptiens.

    Rappelons aussi que les shamans sibériens partageaient leur urine entre les participants à leur extase, ce qui découle du même principe et, la muscarine n’étant pas dégradée par la digestion permettait au public de communier de manière atténuée à leur ivresse.

    Revenons à nos repas de fête. Les dieux du Nord festoyaient allègrement, et les banquets d’Odin, où l’hydromel coule à flots sont aussi réputés que ceux de l’Olympe où Ganimède sert le divin Nectar. A ce sujet, notons encore que le divin Soma, boisson du panthéon indou, et l’Haoma des Perses sont fréquemment associés à diverses plantes enivrantes : amanite tue-mouches, ephedra, etc., ce qui renforce la thèse d’Allegro, d’autant que le Soma est parfois décrit comme le fils du dieu du Ciel et de la Terre (http://www.tela-botanica.org/page:soma_haoma).

    Le repas est une occasion de fête et de rencontre. Dans le beau film d’Edouard Molinaro tiré du merveilleux petit livre de Claude Tillier : « Mon oncle Benjamin », à la veille de sa mort, le docteur Minxit donne son dernier repas, y réunissant ses chers épicuriens d’amis. Toutes les occasions sont bonnes de festoyer et faire ripaille. Quel que soit son milieu social, l’homme aime à partager sa chère.

    En cela, il se distingue des animaux tant herbivores (quand ils sont en captivité) que carnivores qui se piétinent et se déchirent autour de la pitance.

    L’homme aime à partager, certes, mais avec ses pairs. La nuance est importante. Les classes et les castes mangent entre elles, jamais ensemble. Il y a pour les différencier la qualité des mets, le prix des menus, et les règles de la bienséance.

    On voit que les hommes réussissent quand même à se comporter comme des animaux, et surtout lorsqu’ils prétendent s’en distinguer.

    Ce qui doit les rassembler, ce sont les agapes, du grec agapè, qui désigne l’amour divin, inconditionnel. C’est peut-être le but lointain, ou un mirage.

    Mais déjà le simple repas quotidien nous rassemble. Le fait de partager un repas permet de mieux se connaître, de s’accorder de l’attention, des attentions, de se parler.

    Et lorsqu’on mange seul, on a encore le choix de prêter attention à ce que l’on fait, de ne pas manger comme un robot en lisant le journal.

    En ce sens, tous les repas sont de communion, ou peuvent l’être. Bon appétit.


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  • Une chanson de Barbara, dans une version plus heurtée, plus amère, presqu'outrancière :

    Si vous voulez comparer, voici une version publique,

    d'une Barbara à la voix déjà cassée par la fatigue,

    mais toujours pudique, minimaliste  :  

     


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  • Les temps sont incertains, mais il serait quand même temps de voir, d'entendre que l'un des plus grands artistes de ce temps, presqu'inconnu, c'est pourtant bien lui :

    Il revient de loin, Guidoni, comme beaucoup d'entre nous.

    Quand j'avais 20 ans,

    un de mes copains est sorti d'un concert où j'étais, moi aussi,

    mais lui, sur une civière.

    Il était mort d'une overdose.

    Un autre a été écrasé par un camion dans sa voiture en panne 

    sous le tunnel de Fourvière.

    D'autres sont morts ou ont été diminués,

         ravagés par la culpabilité, la honte,

    la peur, l'abandon, le désespoir 

    comme nous pourrions l'être tous.

    D'autres sont devenus de petits insectes gris

    apparemment occupés

    de leur seule survie.

    Va savoir pourquoi, certains, comme moi,

    passent au travers ?

    Je crois qu'on les porte, nous, qui avons reçu la force de marcher.

    On les porte, et ils nous aident en retour,

    dans une autre dimension.

    Même les insectes.

    On se porte tous, finalement,

    les uns, les autres.

    A un certain moment, on finit même, je crois,

    par porter les cons et les salauds,

    ceux qu'on a du mal à emporter avec nous,

    qu'on voudrait laisser là,

    tant ils puent, qu'ils sont moches,

    ces pourritures qu'on vomit,

    on finit quand même par les emporter,

    va savoir pourquoi ?

     Peut-être qu'ils seront

    ceux qui nous aideront

    à faire les derniers mètres,

    va savoir ?

    Ceux qu'on hait,

    et qui nous haïssent,

    les dernières pièces du puzzle,

    va savoir ?

    Ce puzzle où tant de pièces

    sont si difficiles à placer,

    notre vrai visage ?

     

     

     


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  •  

    Joie

     

    Je crois que c'est Miguel Ruiz qui parle d'inspirer l'air comme si c'était de la joie.

    Vous pourriez essayer, c'est intéressant. Je l'ai fait, assis dans ce coin de ma maison où demeure mon zafu, sous une petite fenêtre de toit par où m'arrivent les chants des oiseaux, l'air doux et la lumière du matin.

    D'abord, j'étais allé voir ce que les cinq petits pieds de tomate non clonés hier plantés pensaient de l'averse nocturne, et tout va bien de ce côté là.

    Assis sur le coussin en demi-lune, si confortable pour les rotules, les pensées parasites tournoyaient autour de mon axe lorsque je pris conscience de mon torse serré, de mon ventre noué, de mes lèvres coupées comme un trait et revins à ma respiration et à ce pépiement incessant qu'inscrivent les peuples de l'air sur la partition du temps.

    Me vint un sourire infime, un mince filet de joie pure, qui s'élargit peu à peu, quand surgirent les images du Bouddha et celles du roi Jaya Varman, ces sourires fins et subtils qui semblent lointains alors qu'ils signent simplement la joie d'être ici, présent, sans poids, sans attache, juste ici, et tout simplement : juste, ici.

    Puis ce sourire s'élargit encore quand je revis mes années de zafu à haute dose, où je ne crois pas avoir jamais laissé naître un sourire, tant s'asseoir sur un coussin de méditation était un acte grave et important.

    Les coins de mes lèvres montaient maintenant franchement vers mes oreilles, et soudain le bouchon de rides horizontales sculptées dans la chair de mon front sauta.

    Y descendit alors la divine liqueur de cette joie qui frappe, telle une mendiante, une lépreuse, à toutes les portes sans être jamais reçue.

    La coupe du Graal, c'est d'abord la coupe des lèvres (il y a peu de la coupe aux lèvres, dit la Sagesse des proverbes)puis celle du cœur, celle du ventre, et toutes celles que sont chacune de nos cellules lorsqu'elles abattent leur muraille.

    Le secret pour allumer un brasier, est vraiment simple : c'est d'utiliser nos allumettes. On en a tous, qu'on a reçu à la descente, mais qui s'en souvient ?

    On est venus ici la joie au cœur, regardez les bébés.

    Si on n'avait pas la joie en nous, nous ne pourrions la connaître ni la reconnaître. La joie reçue en paquetage est destinée à illuminer ce monde obscur.

    Pourquoi la perdre en route, alors que ce film est prêt à s'enflammer à son contact ?

    Comment voulez-vous incendier ce monde qui vous déplaît tant, si vous avez perdu ou oublié vos allumettes ?


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  •  

    Guidoni, c'est tellement fort que c'est à la limite du soutenable.

    Un homme frontière. Qui m'a, un jour, sauvé la vie. 

    Pour l'entendre, le recevoir, il faut s'être purifié, comme avant un sacrement.

    C'est un homosexuel. Moi pas. Pas dans cette vie.

    Entendez le hurler le trafic d'enfants.

    Après cela, ne tombez plus dans la simplification.

    S'il vous plait.

    La pureté, l'exigence,

    la lâcheté, la saloperie

    n'ont pas de camp.

    Chaque homme est unique. 

    Cet homme l'est.

     

     

     


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  • Violence et peur

    02072009 031

     

    Violence

    Voici quelques années, lors d’une séance de respiration holotropique dirigée par Bernadette Blin et Francis Lery, l’audition de chants de guerres africains m’a fait puissamment ressentir l’essence de la violence.

     

    Comme les anciens guerriers dont mon sang et mes viscères charrient les mémoires, j’ai dans un premier mouvement voulu me dresser pour résister, faire front, me battre, car telle est notre fatalité : vaincre ou mourir.


    Puis soudain, je me suis senti submergé par une vague d’impuissance : à quoi bon ? Comment endiguer le flot de la mer ? A quoi bon perpétuer sans le moindre repos cette guerre éternelle et sans fin, pourquoi justement ne pas changer enfin le cours immuable de ce fleuve circulaire, et déchirer cette programmation ?

     

    Bien sûr, ici j’intellectualise et je détaille un processus qui fut en fait comme un choc émotionnel, une compréhension instantanée.

     

    J’ai alors accepté, devant la déferlante de détermination qui résumait toute la haine des hommes depuis l’origine du monde, et qui jamais ne sera vaincue par la haine ni par la violence, roulée par les tambours et poussée par les poitrines des guerriers, j’ai accepté d’être vaincu.

     

    Je me suis agenouillé, et j’ai tendu le cou afin qu’il soit coupé. Exit.


    J'ai accepté l'inacceptable.
     

    Depuis, j’ai cessé d’ériger entre le monde et moi les épaisses murailles dont s’enveloppent les êtres.

     

    Et nul ne songe à en profiter. Peut-être demeure-t-il encore quelques ruines de murs. Quelques canons rouillés?

     


    Peur

    Lorsqu’on parle de vaincre la peur, c’est toujours de manière unilatérale : ne succombez pas à vos peurs.

     

    Je voudrais dévoiler une autre tentation que nous devrions également dépasser, après bien sûr l’avoir repérée en nous : celle d’inspirer la crainte, qui vient elle aussi du monde des reptiles dont nous avons le cerveau.

     

    Pour impressionner, rester à distance.

     

    C’est le second visage de la peur, le revers de la pièce.

     

    Et comment renoncer à subir la peur de l’autre, si sans le savoir nous jouissons secrètement de la peur que les autres ressentent à notre contact ?

     

    Seul l’être qui a renoncé à imposer, dominer, maîtriser, choisir, contrôler, seul celui-là pourra un jour espérer vaincre sa propre peur.

    Et tout dans ce monde ne nous pousse qu'à ça : nous défendre, décider, alors qu'en réalité, tout est prédéterminé.

    Le seul libre-arbitre, et il y en a vraiment un, c'est d'accepter l'inacceptable.

     

     

    Publié le 10 mars 2010


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  • Une parole essentielle,

    à écouter de bout en bout, attentivement.

    Une grande Dame.

     

    "Le sexe est de l'ordre de l'espèce, de la mécanique,

    de la gratification, le sexe n'a jamais libéré personne,

    c'est une manœuvre d'abrutissement;   

    ... Eros est électif, est une libération,

    lié aux voies d'éveil,

    contrairement aux religions..."

     


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  • Eclos le 12 mars 2010

    gorges du Tarn mai 2009 039
     

     

    Dans le fracas, soudain
     

    Le Silence éclate


    Comme une bombe


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  • Dans l'élan de la conscience qui croît et s'installe en lui, l'homme parvient un jour à se rendre maître de la parole.

    Auparavant, elle l'emmenait là où elle voulait, l'ignorait, se riait de lui, le désarçonnait.

    Maintenant, fringant, il la chevauche et caracole et multiplie les cabrioles et veut montrer son art.

    Il la plie, la tord, la fait se dresser sur ses pattes arrière sans broncher, et même marcher à reculons.

    Il l'engage dans la bataille et la mène sur tous les fronts.

    Elle porte inlassablement ses messages, ses armes meurtrières et ses bagages.

    L'animal fougueux est passé au service de son maître.

    Il veut vaincre et convaincre, apporter la lumière et l'explication, se rendre précieux et utile.

    L'homme est alors agile et vaniteux, plein de lui-même.

    Le cavalier qui se rend maître de lui-même met un terme à cela, et pied à terre.

    Il entre dans le cercle des veilleurs, se retire peu à peu de la scène.

    Il entre dans l'ordre du silence, et commence à écouter ce qui se tait.

    Au delà du vacarme et du tourbillon, au delà de la parole même en grand habit, le silence vit d'une vie profonde et secrète.

    Il entend les choses muettes, les bruits sourds et devine la vie tapie sous les cailloux gris du chemin.

    Il marche ou s'assied et contemple le monde, indifférent au prestige et au gain.

    Il a libéré sa monture qui court gaiement autour de lui et ils marchent ensemble, comme un seul être.

    Il n'est plus le maître de rien. En libérant sa cavale, il s'est rendu libre des parades, des guerres et des convois. 

    Il est maintenant prêt à faire un pas de plus. 

         


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