• Tous les repas sont une communion

    Sorti le 15 mars 2010

    Tous les repas sont une communion

    Le repas de communion par excellence dans la tradition chrétienne, c’est bien sûr celui du Jeudi Saint, dans lequel le Christ a offert à ses disciples de manger sa chair et boire son sang.

    Ce curieux cannibalisme pourrait receler de nombreuses significations, dont bien sûr celle de l’Eucharistie, symbole de partage.

    Il me semble important de rappeler une interprétation très particulière de cette offre du Christ, celle de l’orientaliste John Allegro qui en 1970, dans « Le Champignon sacré et la Croix » affirmait que le Christ n’était autre qu’un champignon psychoactif, et la Cène un rituel de manducation. 

    Aussi bizarre que paraisse cette thèse, elle est corroborée par le psychiatre américain Andrija Puharich qui en retrouve trace dans des textes égyptiens.

    Rappelons aussi que les shamans sibériens partageaient leur urine entre les participants à leur extase, ce qui découle du même principe et, la muscarine n’étant pas dégradée par la digestion permettait au public de communier de manière atténuée à leur ivresse.

    Revenons à nos repas de fête. Les dieux du Nord festoyaient allègrement, et les banquets d’Odin, où l’hydromel coule à flots sont aussi réputés que ceux de l’Olympe où Ganimède sert le divin Nectar. A ce sujet, notons encore que le divin Soma, boisson du panthéon indou, et l’Haoma des Perses sont fréquemment associés à diverses plantes enivrantes : amanite tue-mouches, ephedra, etc., ce qui renforce la thèse d’Allegro, d’autant que le Soma est parfois décrit comme le fils du dieu du Ciel et de la Terre (http://www.tela-botanica.org/page:soma_haoma).

    Le repas est une occasion de fête et de rencontre. Dans le beau film d’Edouard Molinaro tiré du merveilleux petit livre de Claude Tillier : « Mon oncle Benjamin », à la veille de sa mort, le docteur Minxit donne son dernier repas, y réunissant ses chers épicuriens d’amis. Toutes les occasions sont bonnes de festoyer et faire ripaille. Quel que soit son milieu social, l’homme aime à partager sa chère.

    En cela, il se distingue des animaux tant herbivores (quand ils sont en captivité) que carnivores qui se piétinent et se déchirent autour de la pitance.

    L’homme aime à partager, certes, mais avec ses pairs. La nuance est importante. Les classes et les castes mangent entre elles, jamais ensemble. Il y a pour les différencier la qualité des mets, le prix des menus, et les règles de la bienséance.

    On voit que les hommes réussissent quand même à se comporter comme des animaux, et surtout lorsqu’ils prétendent s’en distinguer.

    Ce qui doit les rassembler, ce sont les agapes, du grec agapè, qui désigne l’amour divin, inconditionnel. C’est peut-être le but lointain, ou un mirage.

    Mais déjà le simple repas quotidien nous rassemble. Le fait de partager un repas permet de mieux se connaître, de s’accorder de l’attention, des attentions, de se parler.

    Et lorsqu’on mange seul, on a encore le choix de prêter attention à ce que l’on fait, de ne pas manger comme un robot en lisant le journal.

    En ce sens, tous les repas sont de communion, ou peuvent l’être. Bon appétit.


  • Commentaires

    1
    Ned
    Mardi 27 Mai 2014 à 20:42

    Bénissez ce repas, ceux qui l'on préparé, et procurez ...

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